ATELIERS PIERRE LAFON

Architecture - Landscape - Civil engineering

49.0
PAYSAGE FLOTTANT
FLOATING LANDSCAPE
Date: 
2011-2013
Site: 
Catchment areas / Europe - China
Client: 

Programme en recherche et dévelloppement

Team: 

Frédéric Pitois - Limnologie SARL, Bertrand Martin - Paysagiste, Philipe Lacroix scénographe, Bruno Dubois, Architecte, partenariat EESAB Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne

Eaux urbaines entre entropie et néguentropie

Issue des premières recherches débutées en 1994 à l’occasion de la mission « Art et territoire » de la caisse des dépôts et consignation et d’une première installation prototypique qui en a résulté, intitulée « l’eau dans l’eau », le présent projet considèrer le monde où nous vivons comme un espace dynamique traversé par des niveaux de temporalités autonomes et différentes. Dans ce contexte les eaux urbaines, entre entropie et néguentropie, participent dans une dimension multi scalaire aux équilibres fragiles de notre environnement.

 

L’installation « l’eau dans l’eau », au delà d’une approche théorique sur la qualité de l’eau d’une rivière en mutation, apportait de façon physique et factuelle une visibilité de l’état de la rivière et cela pour chacune et chacun d’entre nous. Le niveau de connaissance engagé est alors immédiatement accessible dans ses dimensions tant déterministes qu’incertaines.

 

Nouveaux paradigmes entre observateur et observés

La démarche inscrit ainsi les notions de recherche et développement au regard de la situation de l’observateur quel que soit l’état de ses connaissances. L’installation interfère ainsi autant avec la sensibilité non discursive de l’enfant, les souvenirs des anciens . . . et les interprétations savantes des femmes et des hommes de science.

Toute démarche scientifique pose la question des situations singulières imaginables entre observateur et observé. Les découvertes en matière de théorie quantique ont mis en évidence de façon critique les interférences entre observations et résultats. 

 La mise en place de nouveaux protocoles de gestion de l’environnement d’observation et de veille in situ, placés dans un champs social élargi, amène un questionnement sur les statuts de sites dédiés, tels que les observatoires, les jardins botaniques, les arboretum, les corridors biologiques, les écomusées, les fermes intra urbaines . . . les délaissés. Dans les mutations rapides du monde où nous vivons de nouveaux paradigmes apparaissent dans les relations que nous établissons avec l’environnement tant en matière d’observation, de production ou de gestion. Et cette question est au centre de ce dispositif de recherche.

La mise en place de nouveaux protocoles de gestion de l’environnement d’observation et de veille in situ, placés dans un champs social élargi, amène un questionnement sur les statuts de sites dédiés, tels que les observatoires, les jardins botaniques, les arboretum, les corridors biologiques, les écomusées, les fermes intra urbaines . . . les délaissés. Dans les mutations rapides du monde où nous vivons de nouveaux paradigmes apparaissent dans les relations que nous établissons avec l’environnement tant en matière d’observation, de production ou de gestion. Et cette question est au centre de ce dispositif de recherche.

 

Les nouveaux territoires

Récemment, différentes modalité de captage, de gestion et d’appréhension des énergies douces, le développement de nouveaux modes d’épurations lents . . . les schémas de développement portés par la trame verte et bleue du Grenelle de l’environnement, déterminent de « nouveaux territoires » et actualisent nos relations au domaine publique sous des formes et formats inattendus.  Ces nouvelles typologies développent de nouvelles modalités de visibilité et de contact avec les réalités phénoménologiques de notre environnement. Des infrastructures techniques et régies autrefois isolées, en générant des nouvelles configurations spatio-temporelles et multi scalaires, gagnent en occurrence et en visibilité. Ainsi et par exemple, par la mise à disposition de surfaces d’exposition solaires disséminées, dans une reconquête de considérables surfaces de toitures industrielles et agraires, de nouvelles modalités d’exploitation et de production énergétique sont apparues et renversent notre intérêt au skyline en réorientant notre appréhension du paysage en direction de la terre (la terre vue du ciel). Tel des « polders ruraux » Ces nouveaux territoires « hors sols » génèrent une augmentation significative et emblématique de la surface de territoire « cultivée », mais aussi d’une façon imperceptible génère une approche de production énergétique multi scalaire, ce qui n’est pas sans interroger et de ré initier les problématiques de réseaux.

 

Masses d’eau et infrastructures environnementales : un ensemble multi scalaire 

Les masses d’eau sont ici considérées avec autant d’importance que les masses végétales génératrices de photosynthèse. Dans ce concept environnemental, il ne s’agit pas de considérer de façon isolée tel ou tel aménagement phyto épurateur au bord du lac, ou encore tel ou tel dispositif d’observation, mais bien de considérer la masse d’eau et les infrastructures environnementales qui l’accompagnent et la régénèrent, comme un corps unique aux dimensions multi scalaires. Topographie singulière, données climatiques et caractéristiques physico-chimiques singulières sont considérées ici comme un corps actif susceptible de générer une dynamique d’équilibre non seulement pour le biotope du lac ou des canaux, mais comme un territoire considéré comme un organe vital en interaction avec les mutations de la ville. Dans ce sens, volumes d’eau et infrastructures environnementales, en développant ensemble une nouvelle topographie, génèrent une nouvelle typologie d’espace au cœur de l’espace urbain, susceptible de ré initier nos relations aux éléments naturels sur un mode holistique.

 

La ralentie . . . l’actualisation environnementale dans la durée

En contraste  avec les usines d’épurations qui gèrent dans une quasi instantanéité et urgence les eaux grise urbaines, le présent projet s’inscrit dans un processus à long terme. La période moderne et les récents développements technologiques liés au monde virtuel et numérique nous ont habituée à des dispositifs d’accélération, au point que nous accédons dans notre quotidien à différentes formes d’instantanéités et d’expériences ubiquitaires. Alors que les ingénieurs du monde entier s’ingénient dans une sorte de course contre la montre à ralentir la centrale de Fukushima, nous savons à quel point sont imbriqués dans des dispositifs fragiles les concepts d’espace et de temps. Dans cette perspective, la mise en place de nouvelles infrastructures environnementales génère dans le même temps de nouvelles temporalités. Celles que nous proposons engagent un concept de ralentie.