ATELIERS PIERRE LAFON

Architecture - Landscape - Civil engineering

25.0
Passerelle en site karstique
Footbridge in karst landscape
Date: 
2002
Site: 
Excideuil / France
Client: 

Ville d'Exideuil 

Team: 

CERT : B.E.T. structure 

Pierre Marsaa : Kurator

Réalisée dans le contexte des commandes artistiques des nouveaux commanditaires de la Fondation de France, cette passerelle béton en milieu rural rappelle l’attitude radicale des agriculteurs qui parfois utilisent en guise de franchissement des pylônes béton abandonnés pour faire passer le tracteur. Sous la simplicité apparente de cet ouvrage, les faces intérieures des poutres béton sont échancrées et polies de façon à refléter la lumière de la rivière en direction du passant.

La commande: le centre de loisirs occupe une place privilégiée dans la commune à la jonction entre le bourg et le vaste espace naturel nommé « la Prairie ». La rivière Loue borde le centre de loisirs. Au-delà de la Loue vers Saint-Martin se déploie un vaste espace naturel bordé par des falaises karstiques. Dans ce paysage naturel remarquable existe un réseau de grottes inaccessibles. Une partie des falaises, leurs « façades », sert de murs d’escalade. La Loue est aujourd’hui une rupture entre le bourg, les falaises et les hameaux de Saint-Martin, Sarconnat… Il existait autrefois une passerelle, plus en aval, qui enjambait la Loue mais qui a été emportée par une crue. Le groupe souhaitait relier les deux berges pour le plaisir des VTTistes, promeneurs, enfants, pêcheurs… Un vieux moulin enjambant un bras de la rivière constitue un premier passage. 

La commande du groupe d’habitants constitué de pêcheurs et d’usagers du centre de loisirs, est une passerelle destinée à franchir le deuxième bras de la rivière. (Pierre Marsaa Kurator, Nouveaux commanditaires de la Fondation de France).

Lodelaloue. La passerelle sur la Loue, Pierre Lafon, Edition : Imprimerie Bédrine, Excit’œil, 2002

«Deux poutres de béton sont juxtaposées au-dessus de la rivière. Décalage en plan, porte-à-faux sur berges et failles affirment leur autonomie. Leur sous-face non vue forme un V tourné vers la rivière qui agit tel «un œil» et constitue un capteur et un réflecteur pour la lumière de l’eau projetée en direction du passant à travers «le jeu et la tolérance» entre les blocs. La focale varie en fonction de la hauteur de l’eau et établit pour l’ouvrage un échange avec la rivière. Cette réduction de matières optimise les structures et allège leur masse. Au moment de franchir, la rusticité du béton cède à l’impression de fragilité. L’épaisseur semble se réduire à une dallette d’ardoise et parfois, lorsque l’eau, le soleil ou la lune l’autorisent, le regard du passant est intercepté par un clin d’œil de la rivière. L’eau de la Loue : Lodelaloue».