ATELIERS PIERRE LAFON

Architecture - Landscape - Civil engineering

14.0
Aqualand Géographique
«l'eau dans l'eau»
Geographical Aqualand
Date: 
1994
Site: 
Rivière "La Baïse" / France
44°11'39,15" N - 0°19'07,80" E
Client: 

Mission Mécénat

Art et Territoires

Caisse des dépôts et consignations

Team: 

Marion Faunières : Architecte co-concepteur 

Hervé Regnauld : Géographe 

Pierre Marsaa : Kurator

La mise en navigation de la rivière associant un réseau fluvial entre les rivières du Lot, Baïse et Garonne, initie une nouvelle approche de l’aménagement du territoire. La gestion de la qualité de l’eau peut être associée au développement touristique et au confort de vie. L’eau des rivières saturées de sédiments peut être traitée de façon à initier un nouveau contact avec l'eau. Les concepts d’Aqualands localisés dans les grandes villes peuvent se reconvertir ainsi à une dimension géographique : baignades, spas, sauna, hammam… et traitement de l’eau, peuvent être associés dans un ensemble géographiquement cohérent.

Extrait : Substance et territoires. Dossier : Sous les pavés, l'herbe, Manifeste de Philippe Rahm, l'Architecture d'Aujourd'hui, Quels Paysages? n°317, Juin 1998.

«Instead of working on outline and form, territory can be developed by referring to its own substances. This project establishes a chemical, physical and biological relationship between people and place, in which the latter is not the product of human will but a link in natural cycles. By acclimatization, people encounter environment in physiological exchanges. That architecture and urbanism should see themselves as a geographical extension of the body (not the cultural or social body but the physical body) expresses the desire to win the foundations of territory. »

Extrait : Architecture et Géographie: une actualisation de l'héritage du Land Art, Hervé Regnauld, Géographie et cultures, spécial paysage. n°13, Printemps 1995, éditions L'Harmattan.

«Des concepteurs issus de disciplines très diversifiées (cinéma, éclairagisme… architecture)*, sont invités à réfléchir sur des sites en mutation, et cela sans à priori programmatique. Dans ce contexte il est possible de formuler les problématiques et d’expérimenter des rapprochements disciplinaires… La nature des objets à inclure dans le paysage (des ouvrages de génie civil), impose que l’on réfléchisse à de nouveaux rapports entre l’œuvre et le lieu. Ces rapports ne peuvent plus se fonder sur des rapports formels, mais sur une relation génétique… Multiples sont alors les formes possibles et émergentes. Cette position est à distinguer du mouvement "moderne" et "post-moderne" ; au mouvement moderne est laissé son extrême désir d’ordonnance qui engendre des savoirs et des désirs schizophrènes et sans culture… ses collages gratuits de formes dans un lien génétique avec le lieu. La Baïse est donc à la fois une eau jaunâtre chargée de matières, et un rivage érodé chargé de culture. La navigation fluviale touristique ne peut prétendre remodeler ce paysage à son profit sans risquer de faire disparaître sa signification profonde… Ainsi, la couleur de l’eau loin d’être un détail formel, exprime la nature même de ce que la Baïse a traversé, et aussi des produits, parfois des déchets biodégradables, dont les sociétés agricoles riveraines l’ont chargée… C’est l’eau qui importe et c’est l’eau qui est donnée à voir, au travers des usages et des matières qu’elle véhicule. Le projet établit donc en premier lieu qu’il ne faut ni détruire les vieux moulins industriels, ni rebâtir uniformément les abris de pêche. Cette eau sera à la fois distillée et décantée ; la distillation s’effectue à l’intérieur des vieux bâtiments industriels riverains. L’ancien fonctionnement industriel est réinvesti. En fonction de besoins précis des communes, ces architectures fluviales pourront se matérialiser en de nouveaux usages et dispositifs de contact avec l’eau. Ainsi, tel ancien moulin pourra se transformer en "bain douche", en sauna, ou encore être évidé pour accueillir des oiseaux nicheurs et participer à la régénération du biotope. L’eau est une énergie désuète mais toujours existante, variable avec le climat, mal adaptée à la modernité technologique et cependant toujours susceptible d’un développement ludique et contemplatif.»

Extrait du catalogue : Exposition à Paris, Institut Français d’Architecture, façon de faire le ciel en plusieurs morceaux, un manifeste Lafon-Faunières, Hervé Regnauld, URA 141 CNRS, du 22 Septembre au 19 Novembre 1994.

«L’architecture et la géographie entretiennent des relations denses dans le cadre des études d’urbanisme ou dans les projets d’aménagement. L’intégration des bâtiments dans le paysage est une autre voie de convergence. Depuis quelques années, les collectivités locales ont intégré dans le paysage des ouvrages ou des aménagements qui ne peuvent en aucun cas être associés à des images culturelles locales : un pont autoroutier, qu’il soit en Auvergne ou en Alsace, ne peut prendre en charge des motifs paysagers locaux. Pour cette raison une nouvelle forme de réflexion paysagère, inspirée par le «Land art» des années 60, commence à se répandre dans certaines collectivités locales, pour trouver de nouvelles logiques moins formelle et plus génétique entre l’architecture et la géographie.»

Extrait : Architecture et Géographie, Géographie et Cultures, spécial Paysage n°13, printemps 1995, éditions L'Harmattan. Exposition à l'Institut Français d'Architecture du 22 Septembre au 19 Novembre 1994, façon de faire le ciel en plusieurs morceaux, un manifeste LAFON-FAUNIERES, Hervé Regnault, URA 141 CNRS.

«Architecture and geography have close relationships through urbanism or planning. Integration of buildings into the landscape provides another connection. Though, for some years authorities have had to integrate new equipments into the landscape and new problem arose : a bridge across a highway, either in Alsace or Auvergne, cannot be distinguished into a local building with local stylistic features. This reason explains why a new field of reflection, largely inherited from the work of Land-art Artist of the late 60’s has been taken as a challenge by many local authorities : How to link a building with the landscape. These concepts are specially aimed at avoiding any "modern" or "post-modern" bias. This gives an opportunity to define new links between architecture and geography. »

水中水

在项目开始的时候,原本的意图是设计精致的、与环境相结合的适合作为观光业的景观,从而帮助周围的城堡发展旅游业。一部分的项目是预见一组构筑物,用来作为码头和单独的桥梁的。还有一些部分是用来建设服务的设施、河流清洁和休息地。

水,这才是这条河治理的主要课题。如果建设涉及到对自然环境的重大改动和对自然比例的统一,整个基地环境将失去他的突出性和多样性。所以,河流旁边的废旧工业风车可以改造成桑拿蒸汽房和重新修葺钓鱼小屋,或者直接把它变成小鸟的聚居地,使他们成为再生的群落生境的一部分。而对于这条河,最好风景则是水。

这个项目的挑战是把河水在相当长的一段长距离内净化成可以游泳的河水,将来发展成商业旅游业。甚至可以发展成沿河的一系列游园游乐设施。不仅可以起到吸引人流参观河两旁历史文化古城,还可以以一种经济互补的方法,找到治理河流的经济措施。

百色河冲刷着成千上万块比利牛斯山的土石,形成了肥沃的葡萄园冲击层。因为这样,她的河水充斥着黄色的物质,被侵蚀的河岸承载着历史和文化。在这种大环境下,又怎么能保证那些人工的、为旅游的人建设的栈道和桥梁能不破坏她原有的面貌和特点呢?

河流整治需要跨学科的理论设计基础,牵涉到建筑学,地理学和景观学。

水中水的设计是在人与自然环境之间建立一种化学、物理学而且生物学上的联系。这里的基本原则是自然界自身的循环。此设计和周围环境形成了一种亲密的互动。这样,很明显,景观的设计直接和景观植物本身互动联合和能量的流动与它们的个体个性和互动性相关联。

项目以水的治理开始,这里运用到两种假设。一种是单纯水的净化,另一种是水的景观和净化。

河水的净化处理设计采用沉淀的方法。利用河流的高差,安置蓄水池,从小到大一次排列。当河水来到这里时,进入池内的水的流速就减慢了。蓄水池越大,水流的速度就越慢。那么水中的泥沙沉淀的效果就越好。泥沙都在底部,上层的水就是净水,水的颜色就会改变。当我们把净化了的水放回河流中,两股不同颜色的水交汇融合,水中水由此而来。

 

水的景观和净化是一个更宽泛的概念。他涵盖了更远的地域,更大的范围。不同的河流有不同的颜色,有些时候当他们汇合时我们就会看到两种不同的颜色交汇在一起。即使是同一条河,在他流通不同地域的时候也会改变他们的颜色。设想,在百色河的源头,引一股清水,把它注入到方形漂浮蓄水池内。池内的水是源头的清水,而池外的水是河流的水。因为蓄水池几乎淹没在水中,只看到不同颜色的两块水包涵着,水中水。同一时间呈现出同一条河流不同时间地域的不同面貌。

百色河的自然环境早在被特殊了它们的个性,成为形式化之前,不同物质(沉积物的转移、不同季节之间的植物交替、继承形态)之间的交流首先创造和组织了空间。最终,在我们知道将要创造何种生态系统之后,那些形式和形状就不重要了。那些自然的形态将会形成新的景观。